Pollution de l’air : deux fois plus de morts qu’annoncé, selon une nouvelle étude – LE PARISIEN

12 mars 2019


Pour la France (ici le quartier de la Défense près de Paris le 8 mars dernier), l’estimation est de 67 000 morts, soit un taux de 105 décès pour 100 000 habitants. LP/Olivier Arandel

La pollution de l’air serait responsable de 8,8 millions de morts dans le monde en 2015, dont 67 000 en France.

C’est beaucoup plus grave que ce l’on craignait. Fléau de notre époque, la population atmosphérique pourrait être deux fois plus meurtrière que les chiffres avancés jusque-là. C’est en tout cas le constat alarmant dressé par une étude parue ce mardi qui la juge responsable de 8,8 millions de morts par an dans le monde, dont 67 000 en France.

Selon les chercheurs allemands qui publient leurs travaux dans la revue European Heart Journal, entre 40 et 80 % de ces décès prématurés seraient ainsi dus à des maladies cardiovasculaires, directement liés à cette pollution.

« Plus de morts que le tabac »

« Cela veut dire que la pollution de l’air fait plus de morts chaque année que le tabac, responsable de 7,2 millions de décès en 2015 selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) », résume l’un des auteurs, le professeur Thomas Münzel, de l’université de Mayence (Allemagne). Et de conclure un peu dépité : « On peut éviter de fumer, mais on ne peut pas éviter d’être soumis à un air pollué ».

Les chercheurs estiment ainsi à 790 000 le nombre de morts dus à la pollution de l’air en 2015 dans l’ensemble de l’Europe, dont 659 000 dans les 28 états de l’Union européenne. Une estimation nettement supérieure à celle de l’Agence européenne de l’environnement (AEE).

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Dans son rapport annuel publié en octobre dernier, l’AEE jugeait que la pollution de l’air aux particules très fines (PM2,5), au dioxyde d’azote (NO2, émis par les moteurs diesel) et à l’ozone (O3) était responsable en 2015 de 518 000 décès prématurés dans 41 pays d’Europe, et 480 000 dans l’UE.

Un nouveau modèle mathématique

Si l’étude publiée dans l’European Heart Journal est essentiellement consacrée au continent européen, elle applique les méthodes de calcul des chercheurs au reste du monde. Et là, les chiffres deviennent tout simplement effrayants, avec un total astronomique de 8,8 millions de morts causés par la pollution de l’air en 2015 sur l’ensemble de la planète (dont 2,8 millions rien que pour la Chine…). De précédents travaux chiffraient plutôt le total mondial à 4,5 millions.

Pour réviser ces chiffres, les chercheurs allemands ont utilisé un nouvel outil statistique. Ils ont estimé l’exposition aux polluants en se basant sur un modèle simulant la façon dont les gaz atmosphériques interagissent avec les composés chimiques issus de l’activité humaine (production d’énergie, industrie, transports, agriculture…) Ils ont appliqué ces données à un nouveau modèle statistique combinant les taux de mortalité et l’exposition.

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En moyenne, la surmortalité mondiale attribuée à la pollution de l’air par cette étude est de 120 décès par an pour 100 000 habitants. Ce taux est supérieur en Europe (133), bien que les contrôles y soient plus stricts que dans d’autres régions. « Cela s’explique par la combinaison d’une piètre qualité de l’air et d’une forte densité de population, qui aboutit à une exposition parmi les plus élevées du monde », selon l’un des scientifiques, le professeur Lelieveld.

Baisser les seuils d’exposition aux particules fines

L’Europe de l’Est est particulièrement touchée, avec 36 000 morts par an pour la Roumanie ou 76 000 pour l’Ukraine, soit des taux supérieurs à 200 décès pour 100 000 habitants. Pour la France, l’estimation est de 67 000 morts, soit un taux de 105 décès pour 100 000 habitants.

En réponse à ce constat très inquiétant, les auteurs de l’étude jugent « urgent » de baisser les seuils d’exposition aux particules fines. La limite annuelle moyenne pour les PM2,5 fixée par l’Union européenne est de 25 microgrammes par mètre cube, soit 2,5 fois plus que les recommandations de l’OMS.

Pour le docteur Holly Shiels, de l’Université de Manchester et qui n’a pas participé à cette étude, ces travaux « semblent montrer que le risque cardiovasculaire lié à la pollution de l’air a été sous-estimé, et ce constat me paraît pertinent ». Et aussi inquiétant.

« On ment à la population » : le scandale de l’air pollué en France – LE PARISIEN

11 mars 2019

Des mesures de la qualité de l’air effectuées à Paris vendredi montrent des taux plus élevés que les normes officielles. Explications avec Jean-Christophe Brisard, auteur et documentariste, qui s’est penché pendant près de deux ans sur la qualité de notre air.

La pollution de l’air s’améliore-t-elle, comme l’affirmait une agence du ministère de l’Environnement en novembre 2018 ? Pour le vérifier, nous avons effectué des mesures à Paris vendredi, à l’aide d’un capteur disponible dans le commerce. La journée était très ensoleillée et Airparif, l’association chargée de mesurer la qualité de l’air en Île-de-France, affichait un beau vert, soit une « pollution faible » dans la capitale. Sauf que localement, nos résultats sont bien plus sombres. Et ces particules fines ne concernent pas que l’Île-de-France.

Pourquoi un tel décalage entre les normes officielles et nos relevés ? Dans son livre « Irrespirable »*, Jean-Christophe Brisard décortique le « scandale des pressions, collusions et mensonge pour que rien ne change ». Il a lui-même quitté la capitale quand sa fille a fait de l’asthme. « Ça va beaucoup mieux. Mais tout le monde ne peut pas ainsi déménager », reconnaît-il. Il nous répond en exclusivité.

Dans votre livre, on a l’impression que l’État préfère cacher la poussière sous le tapis que de s’attaquer à la pollution de l’air ?

JEAN-CHRISTOPHE BRISARD. J’ai fait beaucoup d’enquêtes sur les trafics de drogue et d’arme. J’en étais surpris mais je me suis retrouvé face aux mêmes logiques de dissimulation et d’intimidation. Les scientifiques savent qu’on mesure les mauvais polluants, qu’on ment à la population. Récemment, il y a eu un pic de pollution. Paris et Lyon ont pris des mesures de restriction de circulation à partir du seuil de PM 10, des particules assez grosses qui irritent, certes. Mais dont la dangerosité est bien moindre que celle des particules fines et ultrafines. Le ministère de la Transition écologique se justifie en expliquant qu’on ne sait pas mesurer les plus petits polluants. C’est faux.

Alors pourquoi ne pas les mesurer ?

Parce qu’au lieu d’avoir des pics de pollution quelques jours par an, on serait presque toujours en pic si on mesurait les vrais polluants dangereux.

VIDÉO. Une enquête révèle le scandale de la pollution de l’air en France

Vous évoquez les « semeurs de doute » au premier rang desquels le Citepa. C’est quoi ?

Le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa) est un organisme central dans la politique de protection de l’air en France. Il est chargé par l’État d’effectuer l’inventaire annuel des concentrations de polluants. Or ce n’est pas une administration mais une association… contrôlée par les entreprises les plus polluantes de France (pétroliers, chimistes, fabricants de pesticides). Au cours de mon enquête, je me suis rendu compte que son président est un ancien lobbyiste et qu’il est intervenu auprès de la Commission européenne pour que les seuils de pollution soient les moins stricts possible.

Le constat semble désespérant ?

La pollution atmosphérique, c’est dangereux mais ce n’est pas irrémédiable. Les citoyens doivent faire pression sur les dirigeants. Pour cela, il faut démocratiser l’accès à l’information. Des municipalités, des écoles peuvent s’équiper de capteurs. Je suis très optimiste. D’ici quelques années on connaîtra tous la qualité de l’air en regardant notre montre.

« Irrespirable, le scandale de la qualité de l’air en France », Jean-Christophe Brisard, éditions First, 19,95 euros.

Emilie Torgemen

Les VMC, une source croissante de désordres dans les logements – BATIACTU

1er octobre 2013

Les VMC présenteraient un nombre de dysfonctionnements potentiellement graves, à la fois pour la performance énergétique des nouveaux bâtiments, mais également pour la santé de leurs occupants. Explications avec Olivier Sidler, ingénieur énergéticien et directeur d’Enertech.

Dans le cadre de la 10e Convention Efficience Energétique du Bâtiment, qui s’est tenue ce mardi 1er octobre à la Cité des Sciences de la Villette, Cardonnel Ingénierie a choisi de donner la parole à Olivier Sidler, président d’Enertech, en tant que « grand témoin » de cette journée. Egalement orateur à la présentation des nouvelles fiches pathologie bâtiment de l’AQC la veille, il a choisi, les deux fois, d’attirer l’attention sur les questions de ventilation, d’étanchéité à l’air et de migration de la vapeur d’eau. « Cela va créer de nombreux problèmes, avec des dysfonctionnements potentiellement graves en relation avec les nouvelles réglementations« , prévient-il en préambule.

L’épineuse question des débits

« Tout d’abord, quels sont les débits nécessaires pour une bonne ventilation ?« , s’interroge-t-il. « Pour le gaz carbonique, à la concentration maximale admise de 1.000 ppm il faut 27 m3/heure/personne dans un logement, soit 0,5 volume/heure. A la concentration légèrement supérieure de 1.300 ppm, c’est un débit de 18 m3/h/personne qui est requis. Pour le formaldéhyde, un polluant classé cancérogène certain, il faut 0,6 volume/heure en débit permanent« , expose le spécialiste. « Or, une ventilation hygro-réglable classique offre un débit moyen de seulement 0,3 volume/heure. Ce qui pose donc un vrai problème de santé publique à terme« . En procédant à une campagne de mesures de différentes installations, il a toutefois été constaté que les systèmes de ventilation présentaient en fait des débits beaucoup plus importants que prévu, de l’ordre de 0,7 volume/heure. « D’où un autre problème : des factures beaucoup plus élevées liées à la dérive importante de la note de chauffage« , poursuit Olivier Sidler. Les systèmes présenteraient de plus de très faibles variations journalières. En cause ? Le manque d’étanchéité à l’air des réseaux, réduisant à néant les fonctions de pilotage.

Un bâtiment en dépression surconsomme de l’énergie

Selon le directeur d’Enertech, les pressostats à l’entrée des caissons extérieurs ne seraient jamais correctement réglés, calés en permanence sur leur ouverture maximale. Quant à la VMC double flux, le spécialiste est catégorique : « Elle fonctionne en tertiaire mais jamais dans le logement ! Les débits sont mal réglés et ne sont jamais équilibrés entre l’entrée et l’extraction… On observe souvent une chute du débit soufflé due à l’encrassement du filtre à air. On s’est rendu compte qu’il faudrait le changer très fréquemment, tous les quatre mois ! Au lieu d’une fois tous les ans ou tous les deux ans« . Avec un bâtiment en situation de dépression, des infiltrations d’air non réchauffé se produisent par tous les interstices et entraînent encore une surconsommation de chauffage.

« Le secteur de la ventilation mécanique est le secteur qui marche le plus mal dans le bâtiment !« , martèle Olivier Sidler. « Jusqu’à présent les défauts étaient corrigés par les infiltrations d’air mais avec des bâtiments plus étanches cela va changer« . Et les conséquences seront un non-respect des performances thermiques annoncées. « Il faut apprendre à faire fonctionner correctement les installations, nous n’avons pas le choix ! Faute de quoi nous aurons une recrudescence des pathologies« , conclut l’énergéticien.

Consommation normalisée et consommation réelle :

Pour Olivier Sidler, il serait absurde de vouloir comparer une consommation normalisée et une consommation réelle dans le cadre d’une garantie de performance énergétique. « C’est un piège dans lequel il ne faut pas tomber. Trop de choses peuvent changer entre les calculs et la réalité de la vie d’un bâtiment. Il ne viendrait à personne l’idée de poursuivre un constructeur automobile parce que la consommation de son véhicule n’est pas exactement celle revendiquée lors d’un essai normalisé !« . Les calculs ne constitueraient de ce fait qu’une indication. Le président d’Enertech prend pour exemple la température d’usage : « Si l’utilisateur l’augmente de 1 °C, ce n’est plus 7 % de surconsommation, mais désormais 15 à 20 % d’énergie de plus qu’il faudra, puisque les bâtiments sont basse consommation« .

G.N. (01/10/2013)

Pollution de l’air intérieur : les matériaux de rénovation durable aussi en cause ? – LE MONDE

14 septembre 2017


Malgré leur effet potentiel sur la santé, les composés organiques volatils qui contaminent l’air intérieur ne sont pas réglementés en France.

Un immeuble de 58 étages aux normes LEED, en 2015 à Philadelphie.

Sommes-nous condamnés à devoir respirer un air vicié dans nos habitations, même lorsqu’elles sont rénovées avec des matériaux plus respectueux de l’environnement ? Le risque est en tout cas palpable, d’après les résultats d’une étude américaine publiée le 12 septembre dans la revue Environment International.

Les chercheurs y rapportent des données relatives à la qualité de l’air intérieur mesuré au sein d’habitations de Boston. Ces logements, fraîchement réhabilités selon les normes de la construction écologique, avaient obtenu le label vert international LEED (Leadership in Energy and Environment Design) pour leur efficacité énergétique, supérieure de 35 % à celle de logements standards.

Afin de discerner la pollution provenant des matériaux de rénovation de celle liée au mode de vie des habitants, les chercheurs ont procédé à des prélèvements en deux temps : d’abord dans les logements vides, puis après emménagement des résidents. A partir d’échantillons d’air et de poussière, ils ont quantifié les taux de près de 100 composés organiques volatils (COV) et semi-volatils (COSV), dont des retardateurs de flamme, des phtalates, des pesticides, des parfums, des solvants chlorés et le formaldéhyde.

« la plupart des bâtiments sont conçus sans que la santé des habitants soit prise en compte. Or, la pollution de l’air intérieur peut conduire à tout un panel de problèmes de santé »

Si la présence de certaines molécules dans les logements vides n’a pas surpris les scientifiques – notamment des solvants utilisés dans les peintures (cyclohexanone, toluène, éthylbenzène et xylène) –, ils ont également décelé plusieurs composés dont la présence est généralement attribuée aux produits d’entretien et aux objets du quotidien. Il s’agissait par exemple de deux benzophénones (BP et BP-3) – des filtres de synthèse utilisés dans les crèmes solaires – et du phtalate de dibutyle (DBP), normalement retrouvé dans les vernis à ongles et parfums. Selon les chercheurs, ces substances pourraient provenir des peintures – bien qu’elles soient à faible émission de COV – et des produits de finition des sols.

Autres types de molécules détectées : le TCIPP et le TCDIPP, deux retardateurs de flamme dont l’émission est d’ordinaire attribuée au mobilier et qui pourraient, en l’occurrence, provenir des matériaux d’isolation.

Il est à noter que les chercheurs n’ont pas inclus d’échantillons provenant d’habitations construites à partir de matériaux non durables, ce qui implique que le nombre et la concentration des polluants retrouvés ne peuvent pas être comparés sur le critère du type de logement.

Selon Robin Dodson, chercheuse au Silent Spring Institute et auteure principale de l’étude, « la plupart des bâtiments sont conçus sans que la santé des habitants soit prise en compte. Or, la pollution de l’air intérieur peut conduire à tout un panel de problèmes de santé. »

Le toluène et le xylène, par exemple, sont irritants et neurotoxiques, alors que certains retardateurs de flamme comme le TCDIPP sont associés à une perte de fertilité masculine. Des données sur l’homme et l’animal suggèrent que le filtre solaire BP-3 pourrait quant à lui être toxique pour la reproduction.

Le mode de vie également en cause

 

Par ailleurs, la présence de formaldéhyde – une substance biocide et conservatrice, classée comme cancérogène avéré pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – a été détectée à la fois avant et après emménagement des résidents. Les sources de contamination par cette substance sont en effet diverses : matériaux de construction, panneaux de particules, meubles, produits d’hygiène, mais aussi fumée de cigarette et cuisson des aliments.

L’émanation d’autres molécules polluantes a été attribuée de façon spécifique au mode de vie des résidents. C’était le cas notamment du triclosan – un antibactérien contenu dans certains produits d’hygiène et suspecté d’avoir un effet perturbateur endocrinien – ou encore de parfums de synthèse.

Lire aussi :   Quand les meubles polluent l’air intérieur

Alors que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rappelle que nous passons « en moyenne 85 % de notre temps dans des environnements clos », le risque sanitaire lié à la qualité de l’air intérieur pourrait s’avérer majeur et fait l’objet d’une attention croissante de la part des autorités.

En France, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) mènent depuis 2012 une étude sur la qualité de l’air intérieur et le confort des bâtiments performants en énergie, comprenant la mesure de 16 COV et 3 aldéhydes, dont le formaldéhyde. Une synthèse globale des données, collectées sur une centaine de bâtiments, est attendue pour 2017.

Pas encore de limites réglementaires

 

Dans un rapport d’expertise émis en 2011 et actualisé en 2016, l’Anses propose des « valeurs guides de qualité d’air intérieur » (VGAI) pour onze polluants, dont le formaldéhyde. Ces données indicatives, qui visent à définir au cas par cas les effets sur la santé d’une exposition aux polluants chimiques de l’air intérieur, ont pour objectif de constituer un cadre de référence pour l’établissement de « valeurs réglementaires de surveillance ».

A la différence de l’air extérieur, il n’existe pas de valeur réglementaire relative aux concentrations des polluants dans l’air intérieur des habitations – excepté pour le radon, le monoxyde de carbone et l’amiante. Seul le signalement par étiquetage des produits de construction et de décoration destinés à un usage intérieur (revêtements, cloisons, matériaux d’isolation, etc.) est obligatoire, avec un classement de A + à C en fonction des taux d’émission de dix COV et du paramètre « composés organiques volatils totaux ».

 

Sylvie Burnouf

La pollution de l’air aurait aussi des effets sur le développement du cerveau des enfants – LE MONDE

05 avril 2018


Des chercheurs ont établi un lien entre une exposition lors de la période fœtale et des altérations cérébrales chez les jeunes enfants. L’AP-HP organisait un colloque le 5 avril.

 

Place de la Concorde, à Paris, une statue avec un masque lors d’une manifestation contre la pollution, le 31 mars.

Pour ceux qui doutent encore de l’urgence à lutter contre la pollution de l’air, la mairie de Paris et l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) organisaient jeudi 5 avril, à l’Hôtel de Ville, un colloque consacré à ses effets sur la santé. L’occasion de rappeler que les urgences pédiatriques croulent sous les cas de pathologies respiratoires à chaque pic de pollution, et que la littérature scientifique a désormais établi le lien entre une mauvaise qualité de l’air et les cancers du poumon, les infarctus ou les accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Les études se suivent et leurs résultats sont de plus en plus inquiétants. Une nouvelle publication suggère ainsi que les particules fines auraient également des effets délétères sur le développement du cerveau lors de la période fœtale – même à des niveaux conformes aux limites réglementaires.

Publiée en mars dans la revue Biological Psychiatry, cette étude établit un lien entre une exposition (même faible) à un air pollué pendant la grossesse et des altérations cérébrales chez les jeunes enfants. La recherche a été menée par l’institut de santé Global de Barcelone (ISGlobal) et par le Centre médical de l’université Erasmus de Rotterdam.

Lire aussi :   Pollution de l’air : « légère amélioration » en 2017 en Ile-de-France

Les travaux ont porté sur 783 enfants nés aux Pays-Bas entre 2002 et 2006. Les chercheurs ont d’abord mesuré leur niveau d’exposition à la pollution de l’air au domicile de la mère pendant la période prénatale, en s’intéressant particulièrement aux particules fines PM2,5 (de taille inférieure à 2,5 micromètres) et au dioxyde d’azote (NO2) émis principalement par le trafic routier. Ils ont ensuite observé, par imagerie à résonance magnétique, le développement de leur cerveau entre l’âge de 6 et 10 ans. Ils ont enfin soumis ces enfants à des tests cognitifs.

« Retards cognitifs »

 

Leurs constats font froid dans le dos. « Les enfants exposés aux niveaux de particules fines les plus élevés pendant la période fœtale ont le cortex plus fin dans plusieurs régions du cerveau de chaque hémisphère », écrivent les auteurs. Ils ont ainsi mis en évidence que pour chaque augmentation de particules fines de 5 microgrammes par mètre cube (µg/m3), le cortex cérébral de la région du précuneus (une circonvolution du lobe pariétal) dans l’hémisphère droit, ou celui de la région du lobe frontal, était plus fin de 0,045 millimètre.

Les résultats des tests cognitifs pratiqués sur chaque enfant confirment les observations cliniques. « Une exposition aux particules fines durant la période fœtale est associée à un nombre plus élevé d’erreurs » de ce que les auteurs appellent le « contrôle inhibiteur », à savoir des troubles des fonctions exécutives qui permettent d’accomplir et de se concentrer sur des tâches complexes.

Ainsi, à chaque augmentation de particules fines de 5 µg/m3, le nombre d’erreurs augmente de 5 %. Ils ont également observé que ces erreurs augmentaient respectivement de 32 % et de 69 % à mesure que le cortex cérébral du précuneus et du lobe frontal était plus fin d’1 millimètre.

Or, les troubles du contrôle inhibiteur, que les auteurs définissent aussi comme la capacité au contrôle de soi, sont associés à des comportements addictifs, à des déficits de l’attention ou à l’hyperactivité.

« Ces retards cognitifs observés dans les premières années de l’enfant pourraient avoir des conséquences significatives à long terme, alerte l’auteure principale de l’étude, Monica Guxens, de l’ISGlobal. Il y a des risques accrus de problèmes de santé mentale et de moins bonnes performances scolaires. » La chercheuse précise que « ces enfants qui ont maintenant 13-14 ans sont actuellement suivis pour vérifier si ces troubles se poursuivent ».

« Une hypothèse qui mérite d’être creusée »

 

Pour Rémy Slama, épidémiologiste environnemental à l’Inserm, cette étude formule « une hypothèse qui mérite d’être creusée ». « C’est un champ émergent, estime ce spécialiste de l’effet sanitaire des expositions précoces aux polluants. Contrairement aux conséquences respiratoires ou cardio-vasculaires, il manque encore un niveau de preuve élevé concernant les effets de la pollution de l’air sur le neurodéveloppement. » Jusqu’à présent, plusieurs publications américaines s’étaient attachées à démontrer le lien entre la pollution de l’air d’origine automobile et le développement de l’autisme.

L’étude confirme aussi que la pollution atmosphérique a un impact sanitaire même quand les normes sont respectées. C’est ce qui la rend encore plus inquiétante.

Ainsi, la majorité des femmes suivies durant leur grossesse n’ont pas été exposées à des concentrations supérieures aux valeurs limites européennes en termes de dioxyde d’azote (40 µg/m3 par an), et seules 0,5 % ont respiré un air qui dépassait le plafond fixé par l’Union européenne pour les PM2,5, à savoir 25 µg/m3 par an. La quasi-totalité était « seulement » exposée à une moyenne de 20,2 µg/m3.

Cela fait dire aux auteurs que les normes européennes actuelles ne sont pas sûres. Pour rappel, l’Organisation mondiale de la santé recommande de ne pas respirer plus de 10 µg/m3 de particules fines par an.

 

Stéphane Mandard

Pollution de l’air: ONG et médecins alertent – LE FIGARO

27 mars 2018


ONG et médecins ont appelé aujourd’hui les autorités à prendre des mesures urgentes contre la pollution de l’air meurtrière, dénonçant le « manque d’ambition » de plans d’action qui doivent être finalisés dans les prochains jours. 

En juillet, le Conseil d’État a sommé le gouvernement de prendre des mesures pour ramener les concentrations de particules fines (PM10) et de dioxyde d’azote (NO2) sous les valeurs limites autorisées dans toutes les zones où elles étaient dépassées en 2015. Cela concerne 13 zones, notamment Paris, Marseille, Lyon, Strasbourg, Toulouse ou la Martinique, qui doivent transmettre d’ici le 31 mars à la Commission européenne des feuilles de route élaborées en collaboration entre les collectivités et les services de l’Etat.

« À quelques jours de cette date limite, on a voulu unir nos voix pour rappeler l’urgence d’agir et avoir des plans d’action à la hauteur des enjeux », a souligné Lorelei Limousin, responsable transports au Réseau Action Climat (RAC), s’inquiétant des premiers éléments de ces feuilles de route, qui leur ont été présentés. « Le flou persiste sur les mesures mises en oeuvre et les budgets alloués à ces actions », a-t-elle estimé. Elle a notamment assuré que peu de collectivités avaient prévu de mettre en place, avec un échéancier, des « zones de basses émissions » qui excluent les véhicules les plus polluants de certaines zones de circulation.

» LIRE AUSSI : Quel est l’impact de la pollution atmosphérique sur notre santé ?

Dénonçant ce « manque d’ambition des mesures envisagées », le RAC et d’autres ONG qui en sont membres, comme Greenpeace ou les Amis de la Terre, proposent une liste de mesures « concrètes et indispensables » pour tout le territoire : abandon des grands projets routiers, financement des transports alternatifs (vélo, transports en commun), interdiction des véhicules diesel et essence dans certaines parties des agglomérations les plus polluées d’ici 2025, fiscalité écologique dans le transport routier de marchandises…

« Ça suffit, l’homme est un animal en voie de disparition, l’homme est malade », a dénoncé Jocelyne Just, pneumopédiatre et présidente de la Société française d’allergologie. « Il n’y a pas que les pics de pollution. La pollution de fond, celle qu’on respire dans les villes au quotidien, rend malade », a-t-elle ajouté, soulignant la vulnérabilité des personnes déjà malades et des jeunes enfants.

» LIRE AUSSI : À la recherche de nouvelles mesures pour la qualité de l’air

La France, mauvaise élève en la matière, a transmis en février à Bruxelles son plan d’amélioration de la qualité de l’air, alors qu’elle risque d’être renvoyée devant la justice européenne. Le ministère de la Transition écologique assure que ce plan permettra d’éliminer les dépassements en PM10 « à partir de 2020 », sauf dans quelques « points noirs » et de diminuer le nombre de stations de mesures dépassant les plafonds en dioxyde d’azote (NO2 : 49 en 2010, 10 en 2020, 3 en 2030). Un plan encore insuffisant, selon les ONG.

Pollution de l’air : où respire-t-on le mieux en Europe ? – LE PARISIEN

30 janvier 2018


L’indice de pollution de l’air en temps réel de l’Agence européenne de l’environnement montre des concentrations inquiétantes en Pologne et en Bulgarie. AEE 

Le nombre de morts prématurés est trois fois plus important en Bulgarie que dans l’Hexagone.

 

Neuf Etats de l’Union européenne se sont fait taper sur les doigts ce mardi pour ne pas avoir respecté, malgré les avertissements répétés de la Commission, les seuils d’émissions de deux polluants : les particules fines (PM10) et le dioxyde d’azote (NO2). Faute d’une réaction adaptée dans les dix jours, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) sera saisie.

Au delà de ces mauvais élèves -l’Allemagne, l’Espagne, la France, la Hongrie, l’Italie, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni et la Slovaquie- quatorze autres pays dépassant les normes de qualité de l’air ont également été épinglés par la Commission, dont deux, la Bulgarie et la Pologne, pour lesquels la CJUE a déjà été saisie. Dans le premier cas, elle a rendu un jugement concernant les dé­passements des émissions de PM10 en avril 2017.

Le bois de chauffage incriminé

 

Derrière ces procédures existent des situations hétérogènes, comme le montre l’indice européen de la qualité de l’air, lancé en novembre dernier l’Agence européenne. Sur la base de mesures provenant de plus de 2 000 stations de surveillance, il renseigne en temps réel le grand public sur la pollution dans les villes d’Europe. Une vraie fracture apparaît alors entre l’Ouest du continent, où la qualité de l’air est le plus souvent jugée «bonne» ou «acceptable», et l’Est de l’Europe, où elle est «pauvre» ou «très pauvre». Les deux mêmes pays apparaissent à nouveau dans le rouge : la Bulgarie et la Pologne.

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AEE / LP

Selon le rapport de la qualité de l’air 2017 de l’AEE, la Bulgarie est sur 41 pays européens celui qui enregistre le plus fort taux de mortalité prématurée liée à la pollution aux PM10, au NO2 et à l’ozone (20,1 morts pour 10 000 habitants), devant le Kosovo (18,6), la Serbie (17,3), la Macédoine (15,3), la Hongrie (13,7) et l’Italie (13,1). La France figure en 24ème position (7,2), derrière le Royaume-Uni (8,1) et devant l’Espagne (7,1). Cinq pays du nord de l’Europe (Suède, Finlande, Norvège, Irlande et Islande) ferment la marche avec des taux inférieurs à 4,2 morts prématurées pour 10 000 habitants.

 

Pollution de l’air : plus de morts dans le sud-est de l’Europe

Lire la suite… « Pollution de l’air : où respire-t-on le mieux en Europe ? – LE PARISIEN »

Quel est l’impact de la pollution atmosphérique sur notre santé ? – LE FIGARO

27 janvier 2018


Quel est l’impact de la pollution atmosphérique sur notre santé ?

 

AVIS D’EXPERT – Le Pr Bruno Housset*, pneumologue, revient sur les différentes études qui font désormais état du lien entre la pollution et la santé.

Bruno Housset.

 

L’impact de la pollution atmosphérique sur notre santé est un fait désormais avéré: selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution de l’air est à l’origine du décès de 3 millions de personnes, ce qui représente 5% des décès annuels mondiaux.

Si elle provoque des troubles cardio-vasculaires, elle est également la cause de maladies respiratoires, notamment chez les personnes les plus sensibles: femmes enceintes, enfants, population âgée. Ses effets varient selon le degré d’exposition: par exemple les personnes qui vivent à proximité d’un axe à forte circulation seront plus affectées que les autres.

En France, chaque année, 48.000 décès prématurés sont liés à la pollution atmosphérique. De nombreuses études font désormais état du lien de causalité entre l’environnement et la santé, en provoquant notamment la genèse, l’aggravation ou l’exacerbation de maladies cardio-respiratoires. Les citadins sont les plus exposés aux particules fines. Selon l’OMS, c’est dans les villes des pays industrialisés que l’on observe des niveaux de pollution élevés, avec une mortalité qui dépasse de 15 à 20 % celle enregistrée dans d’autres villes où l’air est relativement plus sain. Ce sont les particules fines, ces composés solides en suspension émis notamment par la combustion des moteurs, qui constituent les principaux facteurs de pollution de l’air.

«Deux heures de marche dans un quartier très pollué suffisent pour modifier l’état cardio-respiratoire d’un sujet sain.»

Bruno Housset, chef de service pneumologie au CHI de Créteil

 

Une étude menée à Londres — et parue récemment dans The Lancet — a comparé l’état cardio-respiratoire d’adultes sains (mais aussi de sujets atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive ou d’insuffisance cardiaque) de plus de 60  ans marchant deux heures, soit à Oxford Street (quartier particulièrement pollué), soit à Hyde Park (quartier peu pollué de la ville). Elle a montré que deux heures de marche dans un quartier très pollué suffisent pour modifier l’état cardio-respiratoire d’un sujet sain avec des effets retardés jusqu’à 26 heures après l’exposition…

Les particules fines mises en cause

 

Si les particules fines sont essentiellement la conséquence de l’activité humaine (trafic routier, transport maritime, chauffage au bois, chantiers, carrières), elles peuvent aussi être issues de sources naturelles: sables (saharien), sels, feux naturels, cendres volcaniques… Et plus elles sont petites, plus elles sont toxiques.

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Les particules fines sont classées en fonction de leur diamètre: les PM10 (diamètre compris entre 2,5 et 10 μm) et les PM2,5 (particules d’un diamètre inférieur à 2,5 μm), appelées aussi nanoparticules. Pour une même masse, plus les particules sont fines, plus leur nombre – et surtout plus leur surface développée – augmente. C’est elle qui réagit avec l’organisme et assure la toxicité: En pénétrant profondément dans l’appareil respiratoire ou/et en passant dans le sang, ces particules en suspension dans l’atmosphère entraînent avec elles allergènes, métaux lourds et hydrocarbures. Leur élimination de l’organisme peut prendre du temps.

Pour le vérifier, une étude a exposé pendant deux heures des hommes sains à des nanoparticules d’or en inhalation (non toxiques pour l’organisme et détectables). L’étude a montré que les nanoparticules d’or se retrouvaient dans les urines de la plupart de ces sujets quinze minutes après l’inhalation et pouvaient être détectées jusqu’à trois mois après. Cela pourrait contribuer à expliquer les manifestations cardio-vasculaires en rapport avec la pollution (diesel, par exemple).

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Les vagues de chaleur augmentent les cas de problèmes respiratoires

 

Le réchauffement climatique constitue un autre facteur de risque d’exacerbation des maladies respiratoires, avec des pics plus fréquents de pollution à l’ozone, notamment dans les périodes de fort ensoleillement. Parmi les conséquences les plus fréquentes, on observe une augmentation des crises d’asthme ou/et des allergies respiratoires liées à une saison pollinique plus longue et plus intense. Toute vague de chaleur se solde par une augmentation à la fois des hospitalisations pour problèmes respiratoires et par une plus grande mortalité chez les personnes de plus de 75 ans. Les patients atteints de maladies cardio-vasculaires, d’insuffisances respiratoires, les nourrissons, jeunes enfants sont également plus vulnérables.

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Parmi les actions concrètes à mener pour diminuer les effets de la pollution sur les populations et protéger notamment les personnes vivant près d’un axe de circulation, il faut réduire l’utilisation du diesel et plus généralement des moteurs thermiques. Cela fait partie des préconisations portées par un consortium de grandes métropoles mondiales (Guapo – Global Urban Air Pollution Observatory) qui se réunit régulièrement au sein d’un projet d’observatoire mondial de la qualité de l’air urbain. Mis en place par le Clean Air Forum qui s’est déroulé à Paris en novembre dernier, il permet notamment le partage des bonnes pratiques à travers le monde et peut proposer des solutions innovantes pour combattre le fléau de la pollution.

*Bruno Housset est président de la Fondation du souffle et chef de service pneumologie au CHI de Créteil. Cet article est un extrait de son intervention au 22e Congrès de pneumologie de la langue française, qui a lieu du 26 au 28 janvier au Centre de Congrès de Lyon.

Un site pour connaître en temps réel la pollution de l’air près de chez vous – LE FIGARO

17 novembre 2017


Un site pour connaître en temps réel la pollution de l'air près de chez vous

 

L’Agence européenne de l’environnement vient de lancer un indice européen de la pollution de l’air qui permet à tout citoyen de connaître la situation chez lui pour cinq polluants, dont les redoutables microparticules.

La France et de très nombreux pays d’Europe affichent régulièrement des pics de pollution bien au-dessus des normes fixées par Bruxelles. De façon générale, ce sont plus de 130 villes européennes qui éprouvent toujours des difficultés à les respecter, et trente procédures d’infraction sont en cours à l’encontre de 20 des 28 pays membres. Jeudi 16 novembre, l’agglomération parisienne connaissait d’ailleurs un épisode de pollution dû aux microparticules (PM10).

Afin de mieux sensibiliser les populations, l’Agence européenne de l’environnement et la commission européenne viennent donc de lancer un «indice européen de la qualité de l’air» (european air quality index)(Cliquez pour visualiser la carte). 

Cet indice va permettre de fournir les données de pollution en temps réel. Il centralise les données de plus de 2000 stations de mesures sur le continent. Elles mesurent cinq polluants clés «nocifs pour la santé et pour l’environnement» explique l’agence européenne de l’environnement: les microparticules (PM2,5 et PM 10), l’ozone, le dioxyde d’azote (NO2) et le dioxyde de soufre (SO2).

Capture d'écran de la carte de l'indice européen de la qualité de l'air, le 16 novembre 2017.

La carte représente un instantané de la pollution

 

Les utilisateurs peuvent zoomer sur la ville qui les intéresse et ainsi voir la situation pour chacun des polluants au plus près de leurs lieux d’habitation avec cinq codes couleur (du vert clair, le mieux, au rouge foncé, le pire). Des points gris apparaissent dans plusieurs États membres comme l’Italie, la Grèce, l’Islande ou la Turquie, qui ne transmettent pas leurs données pour l’instant.

La carte représente un instantané de la qualité de l’air à une heure précise sur les deux derniers jours, mais cliquer sur un point permet aussi d’accéder à un graphique résumant la situation des jours précédents.

« La pollution de l’air est «un tueur invisible »

Karmenu Vella, le commissaire européen à l’environnement

 

Le polluant le plus nocif que sont les microparticules fines (PM2,5) a provoqué la mort «d’environ 400.000 personnes en 2014» rappelle l’Agence européenne de l’environnement. Asthme, cancer du poumon, maladies cardiaques sont au nombre des maladies ayant un lien avec la pollution de l’air. «C’est un tueur invisible, aussi l’indice de la qualité de l’air est nécessaire aux citoyens européens sur la qualité de l’air qu’ils respirent dans leur environnement» souligne Karmenu Vella, le commissaire européen à l’environnement.

Reste à trouver les bons moyens pour combattre ce fléau. Cela passe bien sûr par la réduction du trafic routier et de la consommation de carburant, et le développement des pistes cyclables. Mais l’Agence vise également le chauffage urbain, les industries et enfin l’agriculture en réduisant pour cette dernière «les émissions d’ammoniac par un stockage fermé du fumier».

 

Marielle Court

Le radon, un tueur trop négligé – DESTINATIONSANTE.COM

27 septembre 2017


 

 

Radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), il serait en effet impliqué dans la survenue de cancers du poumon mais aussi de la peau et les leucémies infantiles.

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle, classé comme « cancérigène certain » par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Il provient de la désintégration radioactive de l’uranium, présent dans les roches et les sols volcaniques ainsi que granitiques. L’IRSN a d’ailleurs publié une carte d’exposition à ce gaz commune par commune.

Or le radon peut se concentrer dans des endroits clos comme les caves, les vides sanitaires et les pièces d’habitation. Sa présence est due à de mauvaises conditions d’aération. Notons qu’une exposition régulière durant de nombreuses années augmente le risque de cancers. Et pas seulement du poumon ! Les tumeurs de la peau et les leucémies infantiles peuvent aussi être provoquées par le radon.

Un problème de seuil ?

Selon 60 Millions de Consommateurs, « tous les spécialistes s’accordent sur un seuil (de risque) de 300 becquerels par mètre cube ». Or le seuil officiel s’établit aujourd’hui à 400 Bq/m3. Cependant « la directive européenne 2013/59/Euratom devrait faire bouger les lignes », explique l’IRSN. « Elle définit un niveau de référence de 300 Bq/m3. Cela devrait conduire à ajuster le niveau d’action actuel en droit français de 400 à 300 Bq/m3. » La transposition de la directive devrait être achevée d’ici à février 2018.

Comment savoir si votre logement est concerné ?

Vous pouvez mesurer la concentration en radon, en vous procurant un dosimètre dans le commerce ou faire appel à un professionnel. Par ailleurs, une ordonnance du 10 février 2016 oblige le vendeur ou le bailleur d’un logement à indiquer au futur acquéreur ou locataire le risque d’exposition au radon depuis le 1er juillet 2017. Problème, le décret d’application se fait attendre !

Comment lutter ?

Des moyens simples sont disponibles pour limiter les concentrations de radon. Il suffit de bien aérer votre habitation et si nécessaire, d’améliorer le système de ventilation. Par exemple en installant une VMC (ventilation mécanique continue).

 

 

Emmanuel Ducreuzet